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affiche du film Teenage Sex and Death at Camp Miasma

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Pas de séances programmées pour ce film dans nos salles pour l'instant.

Teenage Sex and Death at Camp Miasma

  • Réalisé par
    Jane Schoenbrun
  • Interprété par
    Hannah Einbinder, Amanda Fix, Gillian Anderson
  • Distributeur
    Cinéart
  • Langue
    Anglais
  • Pays d'origine
    Etats-Unis
  • Année
    2026
  • Durée
    01 h 52
  • Version
    Version originale sous-titrée en français
  • Type
    Comédie
    Horreur
  • Date de sortie
    2026-08-19

Si vous pensiez tout connaître du cinéma d’horreur, courez voir ce slasher movie qui, tout en jouant avec les codes du genre, lui donne une salutaire vision queer et féministe. Gros buzz au dernier Festival de Cannes, il amuse autant qu’il effraie. Un pur délire de cinéma, poétique et psychédélique, qui va faire date

Après plusieurs suites bâclées et malgré une fanbase en déclin, une jeune réalisatrice enthousiaste reprend les rênes de la franchise de slasher Camp Miasma, avec pour mission de la ressusciter. Mais alors qu’elle rend visite à la star du premier film, une actrice mystérieuse et recluse, les deux femmes s’entraînent dans un univers sanglant entremêlant désir, peur et hallucinations…

Un Certain Regard, c’est l’appellation d’une selection parallèle à la compétition du Festival de Cannes. Elle va comme un gant à ce film qui y a été présenté en ouverture et provoqué un buzz monstre durant toute la quinzaine, pleinement justifié par son affolante et jouissive étrangeté. 

Si l’on sort en soi transformé de chaque séance de cinéma quelle qu’elle soit, celle de ce Teenage Sex and Death at Camp Miasma, on vous le promet, laisse des traces au fond de notre esprit, littéralement tétanisé par ce film-spectacle mettant tous nos sens en éveil. C’est ce qui fait la marque particulière du cinéma de genre, l’un des plus innovants et inventifs qui soit. Celui qui, sans aucun doute, stimule le plus directement cette zone grise entre l’adolescence et l’âge adulte qui sommeille en chacun de nous. Il prend un malin (et pervers) plaisir à jouer avec nos peurs primaires. Dans cette catégorie, le slasher movie, très en vogue aux états-Unis dans les années 1970-80, est le plus extrême et horrifique avec pour personnage principal un tueur en série psychopathe ciblant méthodiquement ses victimes. On pense immédiatement à Halloween de John Carpenter, à la saga des Freddy et à Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Ça tombe bien, Teenage Sex and Death at Camp Miasma s’inscrit pleinement dans cette catégorie très codifiée et référencée, mais l’aborde sous un autre angle, nettement plus en phase avec son époque, sans nostalgie de musée régressive. Au contraire, il lui donne une salutaire couleur queer et féministe avec deux héroïnes centrales qui s’attirent l’une vers l’autre et recherchent le plaisir. Le genre était plutôt connu jusqu’ici pour son regard très masculin et castrateur avec ses adolescentes sans défense en victimes principales, punies définitivement de leurs écarts pris avec les règles de la société... 

De ce courant cinématographique, le film de Jane Schoenbrun garde un attrait particulier pour sa dimension réflexive propice à tous les délires car pleine de tiroirs à ouvrir. En racontant la fascination que suscite un film culte et le désir d’une jeune cinéaste pour en réaliser une suite, le cinéaste mélange les niveaux (le film dans le film) pour, volontairement, nous faire vivre un trip très sensoriel soutenu par une évidente dimension érotique, littérale et symbolique. Les effets de style, notamment ce goût pour l’image granuleuse des VHS des années 1980, sont poussés très loin. Le mariage hétérogène associant l’angoisse, le désir et l’humour fait naître une esthétique baroque et flamboyante à haute valeur poétique. Ce geste emmène le film vers l’expérimental, loin, très loin de ce qu’on a l’habitude de vivre dans le domaine. 

Une autre force de ce film est d’être outrageusement dans le gore tout en étant capable d’aller rapidement dans un registre opposé, et d’assumer l’autodérision, ce qui lui enlève toute pédanterie d’esthète et le rend encore plus attachant. 
Teenage Sex and Death at Camp Miasma nous fait tout simplement croire à ce que l’on voit, à nous faire ressentir les désirs artistiques et sexuels d’un personnage principal qui ne veut pas faire demi-tour. Elle est à la fois hypnotisée par une actrice mythique cloîtrée dans son domaine (les références à Sunset Boulevard de Billy Wilder sont ouvertement revendiquées) et, comme métaphore ultime de notre rapport intime au cinéma de genre, par le besoin vital de rentrer littéralement dans les entrailles d’un film culte et de nous emporter avec. C’est grisant et énorme !

Nicolas Bruyelle, les Grignoux 

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