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Pour son première long métrage, Marie-Elsa Sgualdo livre “une lettre d’amour aux femmes dont les luttes sont restées invisibles” et met en lumière la résistance discrète d’une adolescente en quête d’émancipation dans les années 1940
Suisse, 1943. Emma grandit dans le respect de la tradition protestante. Employée comme domestique au sein d’une famille de pasteurs, elle postule au Prix de vertu du village dans l’espoir de financer des études en infirmerie. Des études qui, elle l’espère, lui permettront d’échapper à une vie tracée d’avance. Mais lorsqu’elle tombe enceinte à la suite d’un viol, ses ambitions se trouvent bouleversées. Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage aux frontières d’une Suisse officiellement neutre, elle décide de lutter pour trouver une voie vers sa liberté et son autodétermination.
Avec À bras-le-corps (Silent Rebellion à l’international), Marie-Elsa Sgualdo dépeint le destin d’une adolescente dont le basculement tragique agit comme élément déclencheur. Ancré dans le contexte troublé de l’Europe sous domination nazie, ce récit met en abyme le courage d’une jeune femme face à l’hypocrisie et à la lâcheté d’une communauté régie par de strictes normes sociales, religieuses et patriarcales qui, face au sort des réfugiés juifs aux frontières suisses, préfère détourner le regard. En résulte un film dont la force tient à la sobriété et la délicatesse avec lesquelles il traite d’obstination et de résilience féminine.
HÉLÈNE LAMBERT, les Grignoux