Après le moyen métrage documentaire Le Temps long, la réalisatrice Lou Colpé crée une œuvre encore plus personnelle, au cœur de son intimité, dans laquelle elle se confie sur la perte de l’être aimé et sur la manière de vivre avec son absence. D’une grande force et d’une grande beauté !
« J’avais quitté la maison en été, le temps que Bertrand meure, c’était l’automne. La première chose que j’ai voulu faire après avoir atterri à l’aéroport de Charleroi, […] c’était de revenir dans notre maison. » (Note d’intention de Lou Colpé)
À quelles conditions peut-on vivre quelque part ? Sommes-nous attachés à un lieu ou aux liens que nous y avons tissés ? Après avoir perdu son compagnon dans un accident de moto, Lou écoute son intuition et décide de retourner vivre dans leur maison. Le lieu du réel, le lieu palpable de la disparition. Un lieu hautement inflammable.
Bien que ses ami·es la soutiennent, elle reste éloignée, comme coupée en deux, quelque peu étrangère aux événements et aux autres. Pour arrêter de tanguer et trouver une manière de survivre, elle filme ce qui se construit peu à peu autour d’elle. Filmer pour s’ancrer dans le chaos, pour fixer ce qui défile à toute vitesse dans cette longue plage de temps qu’est le chagrin.
« Assise à côté de moi-même, je fais un voyage immobile. »
Comme un château fort est dédié à l’amitié, à la joie de ces liens qui permettent de continuer à vivre, même dans la tempête. Car nous sommes tous·tes, un jour ou l’autre, les ami.es de quelqu’un qui traverse la sienne.
Projection spéciale en présence de Lou Colpé, réalisatrice
Dans le cadre du cycle "Territoires secrets" avec le soutien de Dérives, l'ULiège, ESA Saint-Luc Liège et Wallonie Image Production (WIP)